« Pourquoi j’ai secouru des réfugiés » Français, Anglais, Italien, Espagnol,…

En français, anglais, italien, espagnol. Nous avons même entendu parlé d’une version Catalane… Merci aux traducteurs.

FRANCAIS

J’ai 45 ans et 2 enfants. Je suis fonctionnaire de l’Education Nationale, Ingénieur d’Etude dans un laboratoire de recherche du CNRS / Université Nice Sophia Antipolis et enseignant à la Faculté des Sciences. Je n’étais pas jusqu’à présent militant politique ou associatif.

Dans ma famille on est Corse. J’ai passé toutes mes vacances au village de Pero-Casevecchie dans la maison de mon grand-père, le médecin du canton qui faisait ses visites à cheval. Au village, presque 50 ans après sa mort, les gens en parlent encore car que ce soit en pleine nuit à l’autre bout du canton, que ce soit un bandit blessé ou un paysan qui n’ait pas de quoi payer, il soignait. Dans les récits que me racontait mon père et dans les expériences que j’ai vécu là-bas, j’ai appris et compris qu’on ne laisse pas quelqu’un en danger sur le bord de la route, d’abord parce que c’est la montagne mais aussi parce que c’est une question de dignité. Ou d’honneur comme on dit.

J’ai la chance d’avoir des enfants et en tant que père avec la garde partagée, j’ai pris cette tâche pas évidente très au sérieux. Pas évidente car aujourd’hui le monde va mal que ce soit d’un point de vue social ou environnemental alors au delà d’une “bonne situation”, ce que je souhaite pour mes enfants, c’est qu’ils soient l’espoir d’un monde meilleur.

Le Dimanche 16 octobre en rentrant en voiture de la fête de la brebis à la Brigue avec ma fille de 12 ans, nous avons secourus 4 jeunes du Darfour. La Brigue est un village français dans la vallée de la Roya qui est frontalière de Vintimille en Italie. C’est dans cette vallée que sont régulièrement secourus hommes mais surtout femmes et enfants qui se trouvent sur ces routes de montagnes et qu’on appelle migrants. Ces 4 jeunes étaient complètement perdus et se dirigeaient à pied, certains en bermuda, vers les montagnes enneigées. Alors que nous rendions à la fête, nous nous sommes arrétés et leur avons proposé de nous attendre sur le bas coté de la route. Au retour de la fête, nous les avons ramené à Nice, ils ont mangés et dormi avec nous dans mon appartement de 40m2. Le lendemain comme tous les jours d’école nous nous sommes levés à 6h15. Ils sont venus avec moi déposer ma fille à l’école puis je les ai déposé dans une petite gare peu surveillée par la police et je leur ai payé un billet de train pour la première partie du trajet. Ils devaient retrouver leur famille à Marseille.

C’était ma première action de secours envers ces “migrants”. Pourquoi je l’ai fait ce jour là ? Jusqu’à présent avec mes enfants j’avais déposé des vêtements à la croix rouge à Vintimille, des chaussures, un sac à dos, pour aider mais aussi pour leur montrer qu’il y a des injustices dans le monde et que chacun de nous peut faire quelque chose… Là c’était la deuxième fois que je voyais un groupe sur le bord de la route. La première fois j’avais hésité, je n’avais pas eu le courage, mais cette fois-ci il y avait ma fille et j’ai pu lui montrer l’exemple.

Le lendemain lundi 17 octobre, après une soirée chez des amis dans cette même vallée, sur le retour vers Nice, je décide de m’arrêter dans ce camp pour migrant à St Dalmas de Tende, un bâtiment désaffecté pour colonies de vacances de la SNCF qui a été ouvert en urgence quelques heures auparavant, sans autorisation, par un collectif d’associations dont la Ligue des Droits de l’Homme, Amnesty International et un tas d’associations nationales et locales. L’ouverture de ce lieu à fait l’objet d’un communiqué de ces associations dans les médias. Je sais bien que mon retour vers Nice est une opportunité d’en sortir quelques-un de ce lieu sans eau ni électricité et ou la température en pleine nuit ne doit pas dépasser 10 degrés. Je décide d’en ramener chez moi et de les déposer à la gare le lendemain.

Ce sont 3 filles qu’on vient d’aller chercher à l’étage. Elles sont contentes de ma proposition me dit on car elles sont attendues par une association à Marseille pour être soignées. Quand je les vois mon coeur se déchire. Elles ont peur, elles ont froid, elles sont épuisées, elles ont des pansements aux mains, aux jambes, l’une boite en faisant des grimaces de douleurs et l’autres ne peut pas porter son sac avec sa main blessée. J’apprendrais plus tard que l’une d’elles est la cousine de la jeune fille tuée sur l’autoroute vers Menton quelques semaines avant. Elles ne parlent ni français, ni anglais. Il faut marcher une centaine de mètres pour rejoindre ma voiture et cela prend très longtemps car l’une marche très difficilement. J’en profite pour essayer de savoir de quel pays elles sont. Erythrée. Une fois dans la voiture, je constate qu’elles n’ont jamais utilisé de ceinture de sécurité. Je suis dans l’embarras de m’approcher d’elles qui ont peur pour leur mettre la ceinture. Elles n’ont pas peur de moi mais dans leurs yeux je lis qu’elles savent que rien n’est gagné. Il ne faut pas être un génie pour comprendre qu’au long des 6000 km qu’elles ont fait pour arriver jusqu’ici, elles ont fréquenté la mort et le cortège d’horreurs qu’on n’ose imaginer. Je démarre avec à mon bord ces filles dont je dois prendre soin et que je dois amener à bon port. J’éteins la radio, la situation est suffisamment incroyable.

Nous n’arriverons pas à Nice. Au péage de la Turbie les gendarmes nous arrêtent et nous conduisent à la Police de l’Air et des Frontières. Ils m’ont séparé des Érythréennes. Ce n’est pas clair ce qu’ils ont fait d’elles mais je ne crois pas qu’elles aient été soignées. Elles auraient été renvoyées au sud de l’Italie comme ça se fait souvent. Les policiers m’ont dit qu’au moins l’une d’elle était mineure. Je n’ai pas réussi à les protéger.

Après 36h de garde à vue, j’ai été libéré sous contrôle judiciaire. Ma voiture a été saisie ainsi que mon téléphone et je n’ai pas le droit de quitter Nice sauf pour emmener mes enfants à l’école mais il n’y pas de transport en commun à moins de les réveiller à 5h30 du matin. Mon procès sera  renvoyé à une date ultérieure, à la même date que celui de Cédric Herrou membre d’associations humanitaires qui secourent les personnes en danger dans la vallée de la Roya et qui est également poursuivi pour avoir aidé des étrangers.

Le lendemain de ma libération, alors que, coup du sort, je me retrouvais à secourir un accidenté de la route qui se vidait de son sang en bas de chez moi, un “jeune migrant” est mort percuté par une voiture sur l’autoroute à Menton, il a été projeté par dessus le parapet du viaduc et a fait une chute de plusieurs dizaines de mètres. Venu du bout du monde, perdu sur l’autoroute et mort à 20 km de chez moi.

Mon geste n’est ni politique, ni militant, il est simplement humain et n’importe quel citoyen lambda aurait pu le faire et que ce soit pour l’honneur de notre patrie, pour notre dignité d’hommes libres, pour nos valeurs, nos croyances, par amour ou par compassion nous ne devons pas laisser des victimes mourir devant nos portes. L’histoire et l’actualité nous montrent suffisamment que la discrimination mène aux plus grandes horreurs et pour que l’histoire ne se répète plus, nous devons valoriser la solidarité et éduquer nos enfants par l’exemple.

Pierre-Alain Mannoni

ANGLAIS

“I am 45 years old and have 2 children. I am a civil servant for Education Nationale, a research Engineer in a research laboratory of the CNRS  at Nice Sophia Antipolis University and a teacher at the Faculty of Sciences. I was not a political or associative activist until now.
In my family we are Corsican. I spent all my holidays in the village of Pero-Casevecchie in the house of my grandfather, the doctor of the canton who made his visits on horseback. In the village, almost 50 years after his death, people still talk about it because it was in the middle of the night at the other end of the canton, whether it be a wounded villain or a peasant who didn’t have enough to pay . . In the stories told to me by my father and in the experiences I lived there, I learned and understood that one does not leave anyone in danger on the roadside, first because it is the mountain but also because it is a question of dignity. Or honor as they say.
I am lucky to have children and as a father with shared custody, I took this very risky task very seriously . Not easy because today the world is going badly whether it is from a social or environmental point of view so beyond a “good situation”, what I wish for my children is that they are part of a ” Hope for a better world”.

On Sunday the 16th of October, returning by car from the the sheep festival at La Brigue with my 12 year old daughter, we rescued 4 young people from Darfur. La Brigue is a French village in the valley of the Roya which borders Ventimiglia in Italy. It is in this valley that men  but especially women and children who are called migrants, on these mountain toads are regularly rescued. These 4 young people were completely lost and were walking on foot, some in thongs, towards snowy mountains. With my daughter we brought them back to Nice, they ate and slept with us in my 40m2 apartment. The next day as every day of school we got up at 6:15. They came with me to drop my daughter to school and then I dropped them off at a small station that had few Police and I bought them a train ticket for the first part of their journey. They had to find their family in Marseilles.

It was my first action to help these “migrants”. Why did I do it that day? Until then with my children I had donated clothes to the Red Cross in Ventimiglia, shoes, a backpack, to help but also to show them that there are injustices in the world and that each one of us can do something … This was the second time I saw a group on the side of the road. The first time I had hesitated, I did not not have the courage, but this time there was my daughter and I could set an example.
The next day, Monday, October 17th, after an evening with friends in this same valley, on the return to Nice, I decide to stop in this camp for migrant in St Dalmas de Tende, a disused building for holiday camps of the SNCF Which was opened urgently a few hours before, without authorization, by a group of associations including the Ligue de Droits de L’homme, Amnesty International and a bunch of national and local associations. The opening of this place was the subject of a communiqué of these associations in the media. I knew that my return to Nice would be an opportunity to get some out of this place with no water or electricity and where the temperature in the middle of the night would not exceed 10 degrees. I decide to take them home and drop them off at the station the next day.

These were 3 girls we just picked up from upstairs . They were happy with my proposal told me because they are expected by an association in Marseille to be treated. When I saw them my heart wept. They were afraid, they were cold, they were exhausted, they had bandages on their hands, their legs, one of them limped making grimaces of pain and the other could not carry her bag with her wounded hand. I would later learn that one of them is the cousin of the girl killed on the motorway to Menton a few weeks before.

They do not speak French or English. We have to walk a hundred meters to reach my car and it takes a very long time because one walks with great difficulty. I take this opportunity to try to find out what country they are from. Eritrea. Once in the car, I noticed that they never used a seat belt. I am in the embarrassment of approaching them as they are afraid to put on their seatbelts. They are not afraid of me but in their eyes I read that they know nothing has been won. You don’t have to be a genius to understand that along the 6000 km they have made to arrive here, they have frequented death and a procession of horrors that one dare not imagine. I set off with these girls I have to take care of and that I have to bring to safe harbor. I turn off the radio, the situation is incredible enough.

We would not get to Nice. At the toll of the Turbie the gendarmes stop us and take us to the Border Police. They separated me from the Eritreans. It is not clear what they did with them but I do not think they were treated for their wounds. They would have been sent back to southern Italy, as is often the case. The police told me that at least one of them was a minor. I had not managed to protect them.
After 36 hours in custody, I was released under judicial supervision. My car was seized as well as my phone and I was not allowed to leave Nice except to take my kids to school but there was no public transport unless they woke up at 5.30am. My trial has been postponed to a later date on the same date as that of Cédric Herrou, a member of humanitarian associations that rescue people at risk in the Roya Valley and who is also being prosecuted for helping foreigners

The day after my release, when, by strange fate , I found myself rescuing a road accident who was losing his blood not far from my place, a “young migrant” who had been killed hit by a car on the highway In Menton, he had been projected over the parapet of the viaduct and had fallen of several tens of meters. Came from the other end of the world, lost on the motorway and died 20 km from my home.
My gesture is neither political nor militant, it is merely human and any ordinary citizen could have done it and it is for the honor of our country, our dignity as free men, for our values, Our beliefs, out of love or compassion we must not let victims die before our doors. History and current events show us enough that discrimination leads to the greatest horrors and so that history does not repeat itself, we must value solidarity and educate our children by example.

Pierre-Alain Mannoni »

ITALIEN

Ho quarantacinque anni e due figli. Sono un funzionario dell’Educazione Nazionale, Ingegnere di studi in un laboratorio di ricerca del CNRS/Università di Nizza Sophia Antipolis, docente alla Facoltà di Scienze. Non ero un militante politico o associativo fino a ora. In famiglia veniamo dalla Corsica. Passo tutte le vacanze nel paese di Pero-Casevecchie nella casa di mio nonno, il medico di distretto che faceva le sue visite andando a cavallo. In paese, a distanza di quasi cinquant’anni dalla sua morte, la gente ne parla ancora perché, sia in piena notte dall’altra parte del distretto, sia per assistere un bandito ferito o un contadino che non aveva di che pagare, lui prestava le sue cure. Nei racconti che mi faceva mio padre e nelle esperienze che ho vissuto là, ho imparato a capire che non si lascia qualcuno che è in pericolo ai margini della strada, prima di tutto perché si è in montagna ma anche perché è una questione di dignità. O di onore come si dice.

Ho la fortuna di avere dei figli e come padre ho l’affidamento congiunto, un compito non evidente che ho preso molto seriamente. Non evidente perché al giorno d’oggi il mondo va male sia da un punto di vista sociale che ambientale anche per chi ‘ha una buona posizione’; quello che auguro ai miei figli è che siano la speranza di un mondo migliore.

Domenica 16 ottobre rientrando in macchina da una festa di campagna a Briga con mia figlia di dodici anni, abbiamo soccorso quattro giovani del Darfur (Sudan). Briga è una cittadina francese nella Valle della Roya che confina con Ventimiglia in Italia. È in questa valle che vengono soccorsi regolarmente uomini ma soprattutto donne e bambini che si trovano su queste strade di montagna e che noi chiamiamo migranti. Questi quattro ragazzi erano completamente persi e si dirigevano a piedi, alcuni in bermuda, verso montagne innevate. Con mia figlia li abbiamo portati a Nizza, hanno mangiato e dormito con noi nel nostro appartamento di quaranta metri quadrati. Il giorno dopo, come ogni giorno di scuola, ci siamo alzati alle 6 e un quarto. I ragazzi sono venuti con me a portare mia figlia a scuola, poi li ho lasciati in una piccola stazione poco controllata dalla polizia pagando loro un biglietto di treno per la prima parte del viaggio. Andavano a ricongiungersi con i loro famigliari a Marsiglia.

È stata la mia prima azione di soccorso nei confronti di “migranti”. Perché l’ho fatto quel giorno? Fino a oggi con i miei figli abbiamo dato vestiti usati alla Croce Rossa di Ventimiglia, delle scarpe, un sacco a spalla, per dare un po’ di aiuto ma soprattutto per mostrare loro che ci sono ingiustizie al mondo e che ognuno di noi può fare qualche cosa a riguardo… Era la seconda volta che vedevo un gruppo di ragazzi sul bordo della strada. La prima volta avevo esitato, non avevo avuto il coraggio, ma questa volta c’era mia figlia con me e ho voluto dare un esempio.

L’indomani lunedì 17 ottobre, dopo una serata passata da amici in quella stessa vallata, sulla strada del ritorno per Nizza, ho deciso di arrestarmi in un campo per migranti a St. Dalmas de Tende, un edificio in disuso per colonie di vacanza appartenente alle Ferrovie dello Stato (SNCF) che era stato occupato poche ore prima, senza autorizzazione, da un collettivo di associazioni tra cui la Lega dei Diritti dell’Uomo, Amnesty International e molte altre associazioni nazionali e locali. L’apertura di quel luogo è stata ufficializzata con un comunicato delle Associazioni sui media. Sapevo che il mio ritorno a Nizza poteva essere un’opportunità per togliere qualcuno da quel luogo senza acqua né elettricità e dove la temperatura di notte non arriva a 10 gradi. Così ho deciso di portare qualcuno a casa da me per accompagnarli alla stazione il giorno dopo.

Sono tre ragazze quelle che vengono individuate. Sono molto contente della mia proposta, mi viene detto, perché sono attese da una associazione a Marsiglia che si prenderà cura di loro. Quando le vedo ho il cuore a pezzi. Hanno paura, hanno freddo, sono sfinite, hanno delle fasce sulle mani, sulle gambe, una zoppica facendo smorfie di dolore, un’altra non può portare la sua borsa perché ha una mano ferita. Apprenderò in un secondo momento che una di loro è la cugina della ragazza uccisa sull’autostrada per Mentone qualche settimana prima. Non parlano francese né inglese. Prendiamo del tempo per arrivare alla mia macchina distante solo un centinaio di metri perché una cammina a fatica. Ne approfitto per chiedere da quale paese vengono. Eritrea. Una volta in macchina, mi rendo conto che non hanno mai usato una cintura di sicurezza. Mi sento in imbarazzo di avvicinarmi a loro per sistemargli la cintura perché sento che hanno paura. Non hanno paura di me ma nei loro occhi leggo che non danno nulla per scontato. Non bisogna essere un genio per capire che lungo un tragitto di 6.000 chilometri che hanno compiuto per venire fino a qui loro hanno visto la morte da vicino e un corteo di orrori che non oso nemmeno immaginare. Metto in moto la vettura con le ragazze di cui mi voglio prendere cura e che devo portare a buon fine. Spengo la radio, la situazione è già abbastanza irreale.

Non arriveremo mai a Nizza. Al pedaggio autostradale di Turbie i poliziotti ci fermano e ci portano negli uffici della Polizia di frontiera. Mi hanno separato dalle ragazze eritree. Non è chiaro cosa abbiano fatto per loro ma non credo che se ne siano curati. Saranno state rimandate indietro nel sud d’Italia come si fa spesso. I poliziotti mi hanno detto che almeno una di loro era minorenne. Non sono riuscito a proteggerle.

Dopo trentasei ore di detenzione, sono stato liberato sotto cauzione. La mia vettura è stata sequestrata così come il mio cellulare; non ho il diritto di lasciare Nizza tranne che per portare i miei figli a scuola ma non esiste un servizio comune a meno di svegliarli alle 5,30 del mattino. Il mio processo viene rinviato, alla stessa data di quello di Cédric Herrou, membro di una associazione umanitaria che presta soccorso alle persone in pericolo nella Valle della Roya anche lui perseguito per aver aiutato degli stranieri.

Il giorno dopo la mia liberazione, mentre per caso mi trovo a soccorrere un ferito per un incidente di strada che sanguinava sotto casa, un “giovane migrante” muore travolto da una vettura sull’autostrada per Mentone che l’ha scaraventato oltre il parapetto del viadotto cadendo per decine di metri nel vuoto. Venuto dall’altro capo del mondo, si è perso sull’autostrada ed è morto a venti chilometri da casa mia.

Il mio gesto non è né politico, né militante, è semplicemente umano, e qualunque abitante di questa regione avrebbe potuto fare quello che doveva per l’onore della nostra patria, per la nostra dignità di uomini liberi, per i nostri valori, le nostre fedi; per amore o per compassione non dobbiamo lasciar morire delle persone davanti alle nostre porte. La storia e l’attualità ci mostrano a sufficienza che ogni discriminazione porta a orrori più grandi e, perché la storia non si ripeta, dobbiamo dare valore alla solidarietà e educare i nostri figli con l’esempio.

La version originale : https://blogs.mediapart.fr/pierre-alain-mannoni/blog/111116/pourquoi-j-ai-secouru-des-refugies

 

 

Source : https://passeursdhospitalitesenglish.wordpress.com/2016/11/22/the-solidarity-offence-from-one-border-to-another/

Source : http://comune-info.net/2017/01/perche-soccorso-rifugiati/

Source : francoise Ferlampin-Cambrou



Catégories :témoignages, actualités, médias, presse, Récits, Messages

1 réponse

  1. le texte en espagnol :
    Porqué he socorrido a refugiados.

    Tengo 45 años y 2 hijos. Soy un funcionario de Educación Nacional (de Francia), Ingeniero de Investigación en el laboratorio del CNRS / Universidad de Niza Sophia Antipolis y profesor de la Facultad de Ciencias. No era ningún militante político o asociativo hasta ahora.

    Mi familia es de. Pasé todos mis vacaciones en el pueblo de Pero-Casevecchie en la casa de mi abuelo, el médico de la comarca que hacía su recorrido a caballo. En el pueblo, casi 50 años después de su muerte, la gente todavía habla porque, ya sea por la noche en el otro extremo de la comarca, ya sea un bandido herido o un campesino que no tenía para pagar, trataba. En las historias que me conté mi padre y las experiencias que viví allí, aprendí y entendí que no vamos a dejar que nadie en peligro en el borde de la carretera, en primer lugar porque es la montaña, pero también porque es una cuestión de dignidad. O de honor, como dicen.

    Tengo la suerte de tener hijos y, como padre con custodia compartida, tomé esta tarea poca evidente muy en serio. No es evidente, porque hoy en día el mundo va mal tanto de un punto de vista social o como ambiental, más allá de una « buena situación », lo que yo quiero para mis hijos es que sean la esperanza de un mundo mejor.

    El domingo 16 de octubre, mientras regresaban en automóvil desde la fiesta de las ovejas a la Brigue con mi hija de 12 años, hemos rescatado a cuatro jóvenes de Darfur. La Brigue es un pueblo francés en el Valle de Roya es la frontera de Ventimiglia en Italia. Es en este valle que están rescatados frecuentemente hombres pero en su mayoría mujeres y niños que están en estos caminos de montaña y llamados migrantes. Estos cuatro jóvenes estaban completamente perdidos y se dirigían a pie, algunos en pantalones cortos, hacia las montañas nevadas. De camino a la fiesta, nos hemos parado y les hemos ofrecido que esperarnos para al borde de la carretera. De regreso de la fiesta, los hemos traído en Niza, dónde han comido y dormido con nosotros en mi apartamento de 40m2. Al día siguiente, como todos los días de escuela nos hemos levantado a las 6:15. Vinieron conmigo dejar a mi hija a la escuela y luego los he dejado en una pequeña estación de tren poco monitoreada por la policía y les pagué un billete de tren para la primera parte del viaje. Debían reunirse con sus familias en Marsella.

    Fue mi primera acción de ayuda contra estos « migrantes ». ¿Por qué lo hice ese día? Hasta ahora con mis hijos había depositado ropas a la Cruz Roja en Ventimiglia, zapatos, una mochila para ayudar, sino también para mostrarles que hay injusticias en el mundo y cada uno de nosotros puede hacer algo … Aquí era la segunda vez que vi a un grupo en el borde de la carretera. La primera vez dudé, no tuve el valor, pero esta vez estaba mi hija y pude mostrarle el camino.

    El lunes, 17 de octubre, después de una noche con los amigos en este mismo valle, en la de regreso a Niza, decidí parar en el campo para migrantes en St. Dalmas de Tende, un edificio en desuso para las colonias de vacaciones de la SNCF, que se abrió en emergencia pocas horas antes, sin la autorización por un colectivo de asociaciones como la Liga de los Derechos Humanos, Amnistía Internacional y una serie de asociaciones nacionales y locales. La apertura de este lugar se comunicó con una declaración de estas asociaciones en los medios de comunicación. Sé bien que mi regreso a Niza es una oportunidad para sacar algunos de este lugar sin agua ni electricidad y donde la temperatura por la noche no debe superar los 10 grados. Decidí traer algunos a casa y dejarlos en la estación de tren al día siguiente.

    Son 3 chicas fuimos a buscar en el piso de arriba. Están contentas con mi propuesta, me dijeron, porque las esperaba una asociación en Marsella para atenderlas. Cuando las veo se rompe mi corazón. Tenían miedo y frío, estaban agotadas, curaciones en las manos, las piernas, una rengueaba con cuadro de dolor y una otra no puede llevar su bolsa con una mano lesionada. Supe después que una de ellas era prima de la joven muerto en la carretera a Menton unas semanas antes. Hablan ni francés ni Inglés. Tienen que caminar unos cien metros hasta mi coche y se tarda mucho tiempo porque una camina muy difícilmente. También quiero tratar de averiguar en qué país están. Eritrea. Una vez en el coche, veo que nunca han usado el cinturón de seguridad. Me da vergüenza de acercarme a ellas que temen la puesta del cinturón. No me tienen miedo pero en sus ojos leí que saben que no está ganado de nada. No hace falta ser un genio para entender que a lo largo del 6000 kilómetros que han hecho para llegar hasta aquí, se acercaron a la muerte y a los horrores que no podemos imaginar. Arranco con a bordo estas chicas que tengo que cuidar y llevar a buen puerto. Apago la radio, la situación es suficientemente increíble.
    No hemos llegado a Niza. En el peaje de la Turbie la policía nos detiene y nos lleva a la Policía Aérea y de Fronteras. Me separaron las mujeres de Eritrea. No está claro lo que hicieron con ellas, pero no creo que hayan sido curadas. Las mandaron al sur de Italia, como se hace a menudo. La policía me dijo que al menos una de ellas era un menor de edad. Yo no fuí capaz de protegerlas.
    Después de 36 horas de detención, estuve puesto en libertad bajo control judicial. Mi coche fue incautado como mi teléfono y no tengo derecho a salir de Niza excepto para llevar a mis hijos a la escuela porque no hay transporte público excepto si las despierto a las 5:30 am. Mi juicio se aplazó para una fecha posterior, la misma fecha que la de Cedric Herrou, miembro de asociaciones humanitarias que socorren las personas en peligro en el valle de Roya y que también está acusado de ayudar a los extranjeros.

    El día después de mi liberación, mientras, giro del destino, me encontraba rescatando a un accidentado de coche que se desangraba al lado de mí casa, un « joven migrante » murió atropellado por un coche en la carretera en Menton, fue arrojado por encima del parapeto del viaducto y cayó varias decenas de metros. Llegó del fin del mundo, perdido en la carretera y murió a 20 km de mi casa.
    Mi gesto no es ni política ni militante, es simplemente humano y cualquier ciudadano lo podría haber hecho sea por el honor de nuestro país, por nuestra dignidad como hombres libres, por nuestros valores, nuestras creencias, por amor o por compasión no podemos dejar que víctimas se mueran adelante de nuestras puertas. La historia y los acontecimientos actuales nos muestran lo suficiente que la discriminación conduce a mayores horrores y, para que la historia no se repita, hay que promover la solidaridad y educar a nuestros hijos con el ejemplo.
    Pierre-Alain Mannoni

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