à Menton-Garavan, Violence policière gratuite ou vengeance contre les migrants ?

Georges François Leclerc, Préfet des Alpes Maritimes, PHOTOPQR/Jérôme BRULEY

 

Le 16 octobre 2017 à la gare de Menton-Garavan, quelques heures après que la sénatrice Esther Benbassa constatait des agents des forces de l’ordre « agressifs » et le non respect du droit Français et Européen, l’un d’eux se déchainait violemment contre un jeune homme noir devant les passagers qui attendaient sur le quai. Rappelons pour informations que les forces de l’ordre appliquent en théorie les consignes du Préfet des Alpes-Maritimes Georges-François Leclerc qui à lui même été condamné à 2 reprises cette année pour atteinte grave au droit d’asile.
Voici le témoignage qui a été reçu d’une personne ni militante, ni associative, qui a assisté à la scène  :
Bonsoir.
Je vous contacte car j’ai été témoin d’une scène de violence envers un migrant par les forces de l’ordre aujourd’hui, lors de l’arrivée de mon train en gare de Menton-Garavan. La police contrôle les migrants sur le quai pour vérifier s’ils ont leur carte d’identité. J’attendais mon train seule sur le quai qui arriva à 19h23. Je n’ai pas pu filmer car il faisait trop sombre déja et en plus la scène s’est déroulée rapidement (tel au fond du sac) …
Avant toute chose: JE JURE SUR L’HONNEUR DE L’EXACTITUDE DE LA SCÈNE ET DES PROPOS QUI VONT SUIVRE. Le train arriva et un migrant est sorti du train en voyant la Police sur le quai et il a tenté de fuir. Un policier du quai a donc fait un croche-pieds au migrant et le migrant est tombé. Je pensais qu’il allait simplement contrôler les papiers du migrant, comme ils contrôlent les papiers tous les jours à Menton-Garavan (je prends souvent le train à cet Arrêt) mais le Policier a TABASSÉ LE MIGRANT. Le migrant ne l’avait pas touché, il a seulement voulu fuir paniqué. Sa peau était jeune, j’aurais dit 28 ans ou 25.
Le policier a dans un acte de violence volontaire et acharné, tabassé le migrant à coups de poings …. et pieds. Il criait :  » SI TU BOUGES JE T’ARRACHE LA TETE BATARD, T’AS COMPRIS ?!  » Demain je pense aller au Commissariat signaler cet acte, mais vu que c’est la Police … ils vont peut-être soutenir le policier. Je suis montée dans le train complètement choquée…
Je saurai reconnaître le policier. J’ai bien regardé son visage. J’ai pleuré dans le train car j’étais impuissante face aux forces de l’ordre mais je tenais à signaler ce comportement choquant et inacceptable.
Je suis allée à la police nationale en fin de soirée leur raconter mon témoignage, le jeune homme semblait agacé d’entendre ça et m’a dit d’aller directement contacter la police des frontières… mais si j’y vais, les policiers risquent de dire que je diffame ! Alors que pas tu tout, je jure sur l’honneur de l’exactitude des faits. J’aurais aimé dénoncer ce comportement mais je n’ai pas de pouvoir et c’est délicat de dénoncer les forces de l’ordre … car c’est eux qui détiennent le pouvoir. Que m’auriez-vous conseillé, peut-être devrais-je laisser tomber ?
N.
L’auteur de ce témoignage est rentré en contact avec associations et juristes qui sauront la conseiller.


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4 replies

  1. Je pense qu’il faut prendre son courage à deux ains et faire les démarches auprès de la police quoi qu’il en coûte. Nous sommes dans une période où on arrive à parler sur les réseaux sociaux pour soulager sa conscience. Mais du point de vu du migrant ça ne sert à rien. Il faut « déposer » pourquoi pas accompagné et s’entendre avec une association pour attaquer en justice.
    Nous citoyens devons changer de comportement puisque la police qui devrait protéger (entre autre les mineurs) les humilie, les bat, les enferme, les reconduit à la frontière de façon illégale.

  2. merci MADAME d avoir fait ce que tout un chacun devrait faire ..cette police fait honte à la france ..ça ne nous représente pas

  3. Je crois que tant qu’on peut le faire il faut témoigner. Plus il y aura de témoignages, moins la police se croira toute puissante. Je sais que ce n’est pas toute la police, mais il suffit de quelques brutes bornées et ceux-là il ne faut pas les laisser sévir. Et la police devrait avoir le courage de dénoncer ces agissements !

  4. Merci Madame de votre témoignage.

    Il est utile de savoir que tut un chacun peut déposer plainte auprès du Procureur, sans avoir à le faire à la gendarmerie ou à la Police Nationale.
    Dans le cas présent, c’est cette démarche qui a le plus de probabilité de déboucher sur une action en justice (ou le moins de probabilité d’être immédiatement classée sans suite), tout en sachant que la justice a déjà choisi son camps dans les affaires relatives aux migrants et exilés.

    Sans parler de ces violences qui sont des faits isolés, les procédures des forces de l’ordre la préfecture sont une honte pour notre République et c’est le Préfet et l’Etat qui en sont la source.

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