Des familles entières à la rue. Nice, France, 2017.

Habitat & Citoyenneté tire la sonnette d’alarme!

 

photo d’illustration

Etat des lieux

Ce vendredi 11 août 2017, nous nous rendons comme souvent au local de l’Association Habitat & Citoyenneté. Stupeur. Le local ressemblerait presque à un magasin de poussettes d’occasion, si lesdites poussettes n’étaient pas occupées par des bébés. Des dizaines de jeunes enfants sont là, accompagnés de leurs parents venus demander de l’aide.

Quotidiennement des dizaines de personnes, demandeur.se.s d’asile, se présentent au local de l’Association, parfois même orientées par les services de la Préfecture, afin de requérir une solution d’hébergement d’urgence.

Parmi ces personnes, on compte de nombreuses familles (environ 5 nouvelles familles fraîchement arrivées par semaine), avec enfants et très jeunes enfants dont des nouveaux nés, enfants ou parent(s) malades, femmes enceintes… rien n’y fait. Pour chaque appel passé au 115 par les bénévoles de l’association, c’est un refus.

Les bénévoles doivent alors expliquer aux dizaines de familles qu’elles devront trouver un petit coin dans la rue afin d’y passer la nuit.

Cette situation n’est plus tenable, ni pour les familles démunies, ni pour les bénévoles impuissant.e.s et débordé.e.s.

Et pire encore, les délais de traitement de l’enregistrement des demandes d’asile sont devenus tellement longs (en moyenne deux mois avant d’obtenir le premier rendez-vous en préfecture), que ces personnes sont laissées dans le dénuement le plus total pendant plusieurs mois. En effet, l’allocation pour demandeur d’asile (A.D.A) étant versée à terme échu, cela signifie que les demandeur.se.s d’asile ne pourront la recevoir qu’un mois après leur premier passage en préfecture.

Les Associations sollicitent depuis plusieurs mois le Préfet des Alpes-Maritimes afin de le rencontrer et de chercher ensemble des solutions… en vain.

La famille S., famille démunie parmi les autres

Depuis plusieurs semaines, Nicole et Eric, bénévoles au sein de l’Association, suivent de très près et tout particulièrement la famille S. En effet, cette famille d’Albanais, composée des parents et de 3 enfants âgés de 3, 5 et 7 ans est particulièrement vulnérable du fait de la maladie de leur fille, E. âgée de 5 ans. E. a été diagnostiquée autiste en Albanie.

La famille S. a demandé l’asile en France. Ils ont fait leur pré-enregistrement auprès de la PADA de Nice (Plateforme d’Accueil des Demandeurs d’Asile) le 1er août 2017, et ont reçu une convocation pour demander l’asile le 2 octobre 2017, soit un délai de 2 mois, alors même que l’article L.741-1 du CESEDA prévoit un délai de 3 jours, lequel peut être porté à dix jours ouvrés lorsqu’un nombre élevé d’étrangers demandent l’asile simultanément. Face à l’insistance des bénévoles d’Habitat & Citoyenneté, le rendez-vous en préfecture a finalement été avancé au 18 août 2017.

Néanmoins, la famille S. et malgré la maladie de leur fille, dont ils peuvent attester au moyen d’un certificat médical Albanais ayant fait l’objet d’une traduction en français, par un traducteur assermenté, est livrée à elle-même, sans prise en charge aucune. Aucun hébergement ne leur est proposé, malgré les appels quotidiens au 115, aucun accès à l’hygiène ne leur est permis, aucun accès à la nourriture ou même à de l’eau par ces périodes de grandes chaleurs.

La petite E. fait quotidiennement des crises se mettant en danger physiquement. Lors d’une crise particulièrement violente (crise clastique) au sein du local d’Habitat & Citoyenneté, les pompiers appelés en renfort ont eu beaucoup de mal à la maîtriser.

Malgré plusieurs passages aux urgences de l’hôpital pour enfants Lenval, et l’aide des services sociaux dudit hôpital, rien à faire, toujours aucun hébergement proposé, et encore une fois, en contradiction avec l’article L.345-2 du Code de l’action sociale et des familles, qui dispose :

« Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence.

Cet hébergement d’urgence doit lui permettre, dans des conditions d’accueil conformes à la dignité de la personne humaine, de bénéficier de prestations assurant le gîte, le couvert et l’hygiène, une première évaluation médicale, psychique et sociale, réalisée au sein de la structure d’hébergement ou, par convention, par des professionnels ou des organismes extérieurs et d’être orientée vers tout professionnel ou toute structure susceptibles de lui apporter l’aide justifiée par son état, notamment un centre d’hébergement et de réinsertion sociale, un hébergement. »

A chaque appel, chaque courriel envoyé par Habitat & Citoyenneté aux services concernés, est opposée une fin de non-recevoir, « pas de place », « il manque un certificat médical »….

Désemparé.e.s, Nicole et Eric tentent le tout pour le tout, lancer des bouteilles à la mer, médiatiser l’affaire (avec l’accord de la famille évidemment, cela va de soi). Une journaliste de Nice Matin est donc venue sur place vendredi 11 août afin d’interroger la famille. Son article a été publié ce jour.

A l’heure qu’il est, aucune solution satisfaisante au regard de l’équilibre et de l’intérêt supérieur de l’enfant n’a été proposée par les pouvoirs publics. Nous ne manquerons pas de suivre de très près cette famille, mais également toutes les autres.

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NB : Liens utiles

Pour en savoir plus sur l’Association Habitat & Citoyenneté

Pour faire un don à Habitat & Citoyenneté

(Vous pouvez également adresser des chèques à l’ordre d’Habitat & Citoyenneté, au 28 rue Dabray, 06000 NICE, ou y déposer des boîtes de lait infantile Gallia 1er âge (besoins ++) et 2ème âge, ainsi que des couches-culotte, tailles 1 et 2).



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