Exilés et réfugiés à la frontière franco-italienne, cinq ONG renforcent leur soutien aux acteurs locaux français et italiens

Le communiqué de la Cimade et l’article de l’AFP.

Source : lacimade.org

27 avril 2017

Face aux violations des droits fondamentaux des personnes migrantes et réfugiées à la frontière franco-italienne, cinq ONG renforcent leur soutien aux acteurs locaux français et italiens (Nice/Paris, le 27/04/17) Amnesty International France, La Cimade, Médecins du Monde, Médecins Sans Frontières et le Secours Catholique-Caritas France s’engagent à accroître leur coopération […]

Face aux violations des droits fondamentaux des personnes migrantes et réfugiées à la frontière franco-italienne, cinq ONG renforcent leur soutien aux acteurs locaux français et italiens

(Nice/Paris, le 27/04/17) Amnesty International France, La Cimade, Médecins du Monde, Médecins Sans Frontières et le Secours Catholique-Caritas France s’engagent à accroître leur coopération dans la région transfrontalière franco-italienne. Cette démarche se traduira par un soutien dans la durée aux solidarités locales et par une coopération avec les partenaires italiens afin de répondre à l’urgence de protéger et de défendre les droits des personnes réfugiées et migrantes.

Réunis à Nice, les 26 et 27 avril, avec de nombreux acteurs locaux et partenaires italiens*, les représentants des organisations ont partagé le constat que perdurent de graves violations des droits fondamentaux des personnes migrantes et réfugiées. La situation à la frontière franco-italienne et dans la vallée de la Roya ne cesse de se détériorer. Épuisées par un parcours migratoire violent, les personnes exilées qui cherchent à poursuivre leur route sont bloquées à cette frontière. Quand elles réussissent à la franchir, elles sont confrontées à de nombreuses violations de leurs droits.

Nos cinq organisations ont décidé de renforcer leur travail commun avec les acteurs locaux français et italiens afin de construire durablement une collaboration opérationnelle, juridique et de plaidoyer auprès des autorités des deux pays.

Trois objectifs majeurs ont été identifiés :

– Soutenir sur le plan sanitaire, social et juridique les associations et les citoyens dans leurs actions de solidarité, tout en les protégeant contre les menaces et les poursuites.

– Dénoncer les défaillances des autorités françaises et les violations des droits fondamentaux des personnes réfugiées et migrantes, dont des mineurs non accompagnés, tout en recherchant le dialogue avec les élus locaux sur l’accueil et la protection de ces personnes.

– Construire un travail transfrontalier avec les partenaires italiens – associations et élus – sur le plan opérationnel (protection et accueil des migrants) pour favoriser l’émergence d’une réelle solidarité européenne de part et d’autre de la frontière.

En dépit des mesures de dissuasion déployées par les autorités françaises et italiennes, nous réaffirmons notre détermination à soutenir activement les initiatives de solidarité des acteurs locaux et de nos équipes, et à alerter et interpeller, ensemble, les autorités sur cette crise de l’accueil.

*Liste des associations présentes
Italie

Terre des Hommes Italie, Intersos, Amnesty International Italie, MSF Italie, Caritas Ventimiglia San Remo, Weworld

France

ADN, LDH, Collectif citoyen 06, COVIAM, Pastorale des migrants, Syndicat des avocats de France, Roya citoyenne, Forum réfugiés, ANAFE, Habitat et citoyenneté

Contacts presse

La Cimade I Vincent Brossel – 01 44 18 60 56 / 06 42 15 77 14 vincent.brossel@lacimade.org

Amnesty InternationalFrance I Véronique Tardivel – 01 53 38 66 00 / 06 76 94 37 05 spresse@amnesty.fr

Médecins du Monde I Lisa Véran et Aurélie Defretin – 01 44 92 14 31 / 06 13 80 22 14 presse@medecinsdumonde.net

Médecins Sans Frontières I Charlotte Nouette-Delorme – 01 40 21 27 25 / 06 83 31 55 39 charlotte.nouette-delorme@paris.msf.org

Secours Catholique Caritas France I Catherine Coutansais et Djamila Aribi – 06 74 95 55 19 / 01 45 49 73 40 / 75 24

Et ci dessous l’article de l’AFP

Cinq ONG, Amnesty, la Cimade, Médecins du Monde, Médecins sans Frontières et le Secours catholique, ont annoncé jeudi à Nice un soutien conjoint aux défenseurs des migrants à la frontière franco-italienne où « la situation ne cesse de se détériorer ».

Tirant les leçons de leur coopération à Calais, les responsables nationaux de ces cinq associations ont travaillé pendant deux jours en vue de mieux coordonner « dans le long terme et de manière transfrontalière » leurs efforts face aux besoins (vêtements, hygiène, nourriture, soins) et face aux autorités dont ils ont vivement dénoncé l’attitude lors d’un point presse.

« Tous nos réseaux doivent se mobiliser pour appuyer ce qui se fait ici », a exposé Louise Avon, vice-présidente du Secours Catholique. « A nous cinq, nous représentons beaucoup de Français, bénévoles et donateurs (…) On ne veut pas déclarer la guerre à la police mais on veut que la solidarité puisse s’exprimer (…) en toute quiétude ».

« Il s’agit de reproduire ce qui a été fait à Calais avec la plateforme solidarité migrants où différentes associations se sont regroupées, on va tenter de faire la même chose ici avec une personne à Nice et une à Vintimille », a précisé Corinne Torre, coordinatrice MSF.

« Il est évident que si la situation n’évoluait pas dans les mois qui viennent dans cette région, on pourrait envisager, nous cinq associations relativement importantes et nationales, un lieu de répit et d’accueil pour contraindre l’Etat à faire son devoir et à accueillir ces gens », a déclaré le Dr Philippe de Botton, responsable de Médecins du Monde, dénonçant « une situation humanitaire intenable sans que les autorités n’aient vraiment réagi » et « un blocage de la frontière ayant conduit à la mort de 11 personnes », des migrants victimes d’accidents en tentant de se rendre en France.

« Les solutions humanitaires sont difficiles à mettre en oeuvre en raison de l’attitude répressive et illégale des autorités », a-t-il ajouté, avant que Cécile Coudriou d’Amnesty France ne dresse la liste des nombreuses entorses au droit relevées à la frontière. La préfecture des Alpes-Maritimes a été condamnée fin mars pour « atteinte grave au droit d’asile ».

Côté italien, à Vintimille, le nombre de migrants arrivés depuis janvier est « d’environ 40% supérieur à l’an dernier », a indiqué Maurizio Marmo de la Caritas italienne. « Cela ne s’est presque pas arrêté pendant l’hiver », a-t-il dit, un bénévole français évoquant pour sa part la distribution en ville de 300 à 400 repas par soir, en plus des repas servis au camp Croix-Rouge ouvert par les autorités à l’été 2016 et à l’église San Antonio ouverte à l’appel du pape François.

AFP   AFP  



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